La Sainte Cène

 

Il y a deux rites qui sont à la base et au centre de la vie de l’église : le baptême et la cène.

Ces deux "ordonnances" nous viennent de Jésus lui-même qui a demandé aux apôtres de les pratiquer et de les transmettre (Matthieu 28:19 et 1 Corinthiens 11:23a,26).

On les appelle aussi "sacrements", s’agissant de "signes visibles de la grâce invisible". Le mot prête à confusion du moment qu’on attribue à l’acte lui-même une vertu spirituelle. Pourtant, ce sont des "moyens de grâce" par lesquels les croyants, personnellement et ensemble, attestent l’action de Dieu par son Esprit Saint.

1. FONDEMENTS BIBLIQUES

1.1 L’ordonnance se fonde sur quatre textes du Nouveau Testament :

d’une part Matthieu 26:26-29 et Marc 14:22-25, qui sont presque identiques ; d’autre part Luc 22:15-20 et, assez semblable, 1 Corinthiens 11:23-26. On peut ajouter quelques autres textes : 1 Corinthiens 10:16,17,21 ; des mentions de la pratique dans Actes 2:42,46 et 20:7 ; la "parabole" dans Jean 6:22-59.

1.2. Plusieurs noms désignent cet acte :

- le "repas du Seigneur" (1 Corinthiens 11:20) littéralement le souper (voir Apocalypse 3:20) ; le terme "cène" vient du latin cena qui a exactement ce sens.
- La "table du Seigneur" (1 Corinthiens 10:21).
- La "communion" (1 Corinthiens 10:16,17).
- "L’eucharistie" : plus courant dans le catholicisme ; ce nom vient de l’expression "rendre grâces" (voir Mattieu 26:27 ; Marc 14:23 ; Luc 22:17,19 ; 1 Corinthiens 11:24), équivalente de l’expression "dire la bénédiction" (Matthieu 26:26 ; Marc 14:22 ; Luc 24:30 ; 1 Corinthiens 10:16a).

1.3 Les indications explicites ou allusives du Nouveau Testament montrent que, pour les premières églises la Cène faisait partie intégrante du culte hebdomadaire (par exemple Actes 20:7 et 13:2).

2. SIGNIFICATION DE LA CENE

Quelques aspects essentiels.

La cène est : 2.1 Un mémorial : "Faites ceci en mémoire de moi" répété par Luc et Paul. Plus qu’un souvenir du dernier repas de Jésus avec ses disciples, c’est une commémoration de Sa mort sur la croix et de la délivrance qui a résulté de Son sacrifice pour nous, à l’image du repas pascal des juifs qui évoque la nuit de l’exode (Exode 13:3). Mais plus qu’une commémoration d’un événement passé, c’est un rappel par des symboles visibles et tangibles que cet événement a des répercussions dans notre présent (1 Corinthiens 11:26).

2.2 Une nouvelle alliance : annoncée par les prophètes (Jérémie 31:31-34) elle est maintenant scellée par le sang versé de Jésus (1 Corinthiens 10:25) pour le pardon des péchés (Matthieu 26:28 ; Hébreux 8:12-13 et 9:14-15).

2.3 Une confession de notre totale dépendance de la grâce de Dieu (Romains 3:24 ; 2 Corinthiens 5:18-21 ; Ephésiens 2:8), donc confession de nos péchés et de notre indignité (Romains 3:20 ; 1 Jean 8-9) ; une déclaration de foi.

2.4 Une action de grâces, parce que la Croix, combien chargée de souffrances pour Jésus, et combien révélatrice de notre culpabilité, est de ce fait une victoire, une cause de joie (Luc 22:17,19 ; cf Jean 17:1).

2.5 Communion avec le Seigneur, qui n’est pas seulement intérieure ou verbale. Par cet acte, je me déclare participant de la vie du Christ (1 Corinthiens 1:9 ; 10:16-17), je rends témoignage qu’Il est la nourriture de ma vie (Jean 6:51-58). Cependant il n’y a rien de magique dans la cène, elle est un support pour notre foi. Le Christ n’est ni plus, ni moins, présent dans les éléments matériels que dans la Parole (Jean 6:63 ; Matthieu 18:20 ; 28:20b).

2.6 Communion avec les frères : on ne peut prendre la cène seul. Mais la cène devient mascarade lorsqu’il y a des divisions. (1 Corinthiens 11:17-22). La cène appelle la réconciliation (Matthieu 5:23-24). Là encore la communion n’est pas seulement de sentiment, mais de partage, d’entraide. Dans la cène j’atteste mon appartenance au corps du Christ (1 Corinthiens 10:17 ; 12:13). D’où la gravité des avertissements (1 Corinthiens 11:27-32 ; Galates 5:15).

2.7 Proclamation de notre espérance, car c’est une anticipation du grand festin dans le royaume de Dieu, quand le Christ reviendra (Matthieu 26:29 ; 1 Corinthiens 11:26). Espérance, donc engagement (c’est le sens primitif de "sacrement") à la vigilance (Luc 12:37,43).

3. PRATIQUE dans notre église

3.1 Combien de fois ? Chaque culte nous entraîne à prier, à chanter et louer, à écouter la Parole. Par sa signification la cène est une prédication et une réponse qui concentre, englobe et dépasse tout cela. C’est pourquoi, sauf circonstance particulière, nous la célébrons tous les dimanches.

3.2 A quel moment ? Pour saisir toute sa valeur, la place de la cène dans le culte a son importance. D’une façon ou d’une autre, elle est aboutissement, couronnement d’une préparation des esprits et des cœurs.

3.3 Pour qui ? La question a une triple dimension :

a) Positivement la cène est la reconnaissance du Christ et de son oeuvre rédemptrice. Et ceci implique, négativement, le renoncement à tout autre chemin de salut en dehors de lui. Il est donc malhonnête d’inviter à participer à la cène une personne qui se déclare non-croyante ou pratiquant une religion non-chrétienne. La cène n’est pas un acte d’évangélisation, un appel à la conversion, mais le témoignage de foi et de fidélité de ceux qui ont entendu et accepté l’Evangile. Autrement, la proclamation de celui-ci est brouillée et faussée.

b) Les croyants sont-ils plus "dignes" ? Que dois-je "faire" pour être "en règle avec Dieu" ? Croyants ou non, pieux ou pécheurs, nul n’est digne devant Dieu. La cène n’est ni une oeuvre méritoire, ni un label de perfection. La dignité réside non dans la personne qui participe, mais dans la manière de participer, c’est-à-dire dans la vérité : devant Dieu par la foi, devant les autres dans l’humilité. Prendre part à la cène n’est jamais un droit, toujours une grâce. "Discerner le corps du Christ" n’est pas de l’ordre du savoir, mais de l’être : ne mentir ni à soi, ni à Dieu, ni aux autres ; ne mépriser ni mon frère, ni la sainteté de Dieu (1 Corinthiens 11:22,27-32, et 10:22). Quand il y a péché, il doit être confessé. S’abstenir de la cène n’est ni un manquement, ni une frustration, mais un acte de conscience.

c) Existe-t-il un lien, un ordre entre la cène et le baptême ? Pour les premiers chrétiens cette question n’avait guère de sens : tout converti, donc tout croyant, ne tardait pas à être baptisé. Il allait de soi que seuls les baptisés prenaient la cène, ce n’était pas une disposition préétablie. Cette pratique fait-elle loi ? Si oui, on ferait donc du baptême une formalité préalable obligatoire. Or, nous savons que telle n’est pas sa nature. Si non, prendre la cène serait un acte tout à fait indépendant. Pourtant nous savons qu’il s’inscrit dans la continuité de la conversion, à l’instar du baptême qui prend sa place dans l’initiation à la vie chrétienne. La vraie question est alors : pourquoi revendiquer la cène et s’abstenir de demander le baptême, comment n’avoir aucun doute quant à la cène et tant d’hésitation quant au baptême ? S’il y a un lien entre ces deux ordonnances il ne relève pas de la formalité, mais de la gravité de ma position devant Dieu.

3.4 Sous quelle forme ?

- Nous avons coutume de servir à la cène du pain azyme et du jus de raisin. Les raisons en sont essentiellement pratiques et de circonstances, mais nullement dogmatiques.

- Acte chargé de sens, empreint d’une certaine solennité, engageant aussi l’ensemble de la communauté, la cène ne saurait être accomplie à la légère ou en cachette. Un ou des responsables reconnus doivent en assurer la présidence (lire 1 Corinthiens 14:33).

- Il convient que l’introduction à la cène comporte la lecture des paroles d’institution, accompagnée d’une brève exhortation, et un moment de recueillement.

"Réjouissons-nous, exultons d’allégresse, et apportons à Dieu notre hommage. Voici bientôt les noces de l’Agneau... Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau !" (Apocalypse 19 : 7, 9)

 
 

 
 
 
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  Mis à jour le lundi 30 août 2010